Le bateau bondi sur les vague de la baie de Drake, nous sommes en pleine mer, ma collègue et amie Lou, à l’origine de cette expédition, notre guide et expert en Survie, Alberto et moi-même.

Nous poursuivons notre route au delà des plages touristiques. Le capitaine cale son bolide sur le sable brûlant d’une plage perdue, à quelques pas d’un monstre vert magnifique et imposant, la jungle du Corcovado. Notre guide paye le capitaine qui, sans demander son reste, saute dans son bateau et disparaît au loin, vers la civilisation… Maintenant quoi ?!

PREMIER JOUR : LA DÉCOUVERTE DES LIEUX

Installation du campement :

Sans perdre de temps, car la nuit approche à grand pas, Alberto repère un espace dégagé en bord de récif et nous annonce fièrement que nous y passerons la nuit. Le sol est recouvert de fruits entamés par les singes capucins que nous distinguons tant bien que mal, cachés dans la cime des arbres. Nous tendons nos hamacs entre deux cocotiers, plaçons des feuilles de bananier en dessous, en guise de plancher et installons une bâche au dessus de nos couchettes, notre nid douillet est en place..

Le feu !

Nous collectons du bois sec, arrachons la fibre des bananiers et empilons nos trouvailles à l’abris d’une éventuelle pluie. Alberto allume un feu en deux temps trois mouvements, sans briquet ni allumette ! Il nous expliquera demain comment faire, là, le temps presse.

Prochaine étape, nous voilà, arpentant les rochers tranchant du récif, armés de nos lampes torches. Nous scrutons les piscines naturelles formées sur le sol de roches en quête de notre dîner. Quelques petits crabes, escargots de mer ou petits poissons ; rien de satisfaisant. Après un moment, Eduardo nous appelle, portant fièrement dans sa main notre repas de ce soir ! Une superbe langouste cuite à petit feu dans notre campement et l’odeur ouvre l’appétit des deux végétariens que nous sommes Lou et moi..

 

Nous échangons quelques histoires au coin du feu, Alberto partage avec joie ses histoires. Notre discussion est passionnante mais la fatigue nous gagne et nous nous glissons finalement dans nos hamacs respectifs pour notre première nuit dans le « bush ».

DEUXIEME JOUR : LA CHASSE !

Le jour se lève, il est tôt, nous voilà ressourcés pour la longue journée qui nous attend. Programme du jour : récolte de fruits, noix de coco et bois, initiation à la machette et confection d’objets divers en bambou.

Retour au campement, les bras chargés de vivres et de matériaux, le plus dur reste à faire. Alberto confectionne machinalement une cuillère en bambou et nous charge de suivre son exemple pour faire les nôtres. Avec une aisance tout aussi déconcertante, il scie, taille, racle et ponce un tronçon de bambou pour en faire une casserole. Notre repas cuit à feu vif et consiste en une poignée de riz baignant dans de l’eau de mer, naturellement salée ; simple et délicieux.

 

Sans plus attendre, l’aventure continue !

Nous nous empressons de defaire notre campement et de rassembler nos affaires ; ce soir nous dormons dans la jungle. Nous nous enfonçons maintenant pas à pas dans ce monstre vert et disparaissons rapidement dans son immensité. Nous cherchons un endroit adéquat pour installer nos hamacs. Après un peu de marche et de défrichage à la machette, nous voilà installés au beau milieu de nulle part avec comme seule compagnie les moustiques et les habitants invisibles de la forêt. Pas de ciel à l’horizon, ni même d’horizon d’ailleurs, juste des arbres à perte de vue.

Moins d’une heure avant le coucher du soleil et le noir complet, nous ramassons le peu de bois sec que la jungle tropicale peut offrir. Alberto tranche la base d’une liane d’eau et remplit nos gourdes du liquide que la plante avait soigneusement stocké. Nous nous installons dans nos hamacs après les mises en garde d’Alberto :  « Si vous devez vous relever cette nuit, regardez où vous mettez les pieds ».

 

TROISIÈME JOUR : LA SURPRISE DE L'AVENTURE !

Le soleil se lève, il est tôt, l’aventure prend fin. Nous défaisons notre campement une fois de plus et progressons à travers l’océan de verdure, ne laissant comme trace de notre passage que des cendres et des feuilles de palme.

Une branche craque.

Lou se tourne, ses yeux s’écarquillent et elle nous crie dans un chuchotement : « Tapir ! ». Elle s’immobilise, pointant du doigt dans le fouilli de feuilles et de branches. Il était bien là, gros comme un taureau, sans doute en quête d’un petit-déjeuner. Nous cherchons à nous approcher furtivement, ce qui semble être la pire chose à faire car les tapirs peuvent se montrer réticents à recevoir de la visite et particulièrement en présence de leurs petits. Celui-ci décide sur le moment, contrairement à nous, d’écouter son instinct de survie et de s’éloigner rapidement ; sans doute nous a-t-il entendus ou sentis.

Nous continuons notre chemin, remontés comme jamais par cette rencontre inattendue et arrivons finalement à la plage que nous connaissons maintenant si bien. Nous profitons de la température iréelle de l’eau en attendant notre bateau et faisons finalement cap vers Sierpe. L’aventure touche à sa fin, retour au confort et à la facilité, riches d’une expérience fascinante et plus humbles que jamais devant la nature qui nous entoure.

TENTEZ VOUS AUSSI L’EXPÉRIENCE !

 

Article de Clément, agent de voyage et explorateur !