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Qui cherche des noix à Coco ?


Sur la plage abandonnée, coquillages et braconniers…

Il semblerait bien que « la plus belle île du monde », comme l’a appelée un jour le commandant Cousteau, soit menacée par les pirates du Pacifique, qui n’hésitent pas à braver l’interdiction de pêcher dans le Parc National de l’Ile Coco.
Afin de préserver l’île, une campagne de solidarité a été mise en place par 2 associations du Costa Rica : « Costa Rica por siempre » et « La fundacion amigos de la Isla del Coco ». Elle est soutenue par le quotidien « La Nación » et par l’opérateur téléphonique Kölbi.

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Logos des associations à l’origine de « Todos a bordos »

L’initiative « Todos a bordos » a pour but de récupérer 200 000 dollars pour acheter et donner au Parc National de l’Ile Coco un bateau ainsi que tout l’équipement nécessaire à son entretien. Il faut tenir compte de l’environnement et des distances qu’il devra parcourir. Le navire sera exploité par des gardes en conformité avec les rôles définis par l’administration et le Parc national de l’île Cocos.

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Logo de l’initiative « Todos a bordos »

Afin de permettre à un maximum de personnes de participer, il est possible de faire un don de diverses manières : par sms, en participant à une loterie ou bien encore par des dons directs (espèce ou en nature). Pas uniquement réservé aux Ticos, les personnes du monde entier peuvent participer au projet et faire une donation, en contactant : La Fundación Amigos de la Isla del Coco ou La Asociación Costa Rica por Siempre

Longue de 22 kilomètres et située à 550 kilomètres au large du Costa Rica, la plus grande ile inhabitée du monde fascine et intrigue. Le Parc National de l’île Coco dispose d’une faune et d’une flore unique. Malgré l’interdiction de pêcher autour de l’île (12 miles nautiques, soit 2 millions de km carrés), l’écosystème marin incroyablement riche (en moyenne 7,8 tonnes de poissons par hectare) est menacé par de plus en plus de braconniers.

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Les eaux poissonneuses de l’île Coco

Surveiller une si grande zone maritime est une tâche complexe et difficile, d’autant plus que les bandits sont mieux équipés que les autorités locales. Même si l’île souffre de la pêche illégale toute l’année, certains mois attirent d’avantage de braconniers que d’autres. En effet, la pêche illégale augmente fortement pendant la saison des pluies, particulièrement en septembre et octobre.

Selon Omar Lizano, employé du MIO-Cimar (Module d’Information Océanographique du Centre d’Investigation en Sciences Marines et Liminologie), plusieurs facteurs justifient cette surpêche durant la saison verte. L’accroissement de la concentration en nutriments, chlorophylle et oxygène dans les eaux de l’île Coco contribue à produire du phytoplancton (petites algues). Ce dernier est mangé par le zooplancton (larves de crustacés), qui est lui-même englouti par de plus grandes espèces marines, et la chaine alimentaire se poursuit jusqu’à ce que des thons et des requins, objets des convoitises, fassent leur apparition.

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Patrouille de nuit à proximité de l’île Coco

Généralement les pirates agissent la nuit, car l’obscurité camoufle aisément les activités illégales. D’ailleurs, on note également une certaine relation avec la lune. Logique ! En raison de la faible quantité de lumière que prodigue une nouvelle lune, les petits poissons se rapprochent de la surface, ce qui attire de plus gros prédateurs : thons, requins… et braconniers.