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Le festival Santo Domingo de Guzman


Dimanche dernier marquait la fin du festival Santo Domingo de Guzman, qui se déroule chaque année du 1er au 10 août à Managua, au Nicaragua. Ces 10 jours de fête patronale célébrés dans la capitale rendent hommage à « Minguito » (surnom attribué à Santo Domingo ; en espagnol, « mingo » est le diminutif de « domingo », et Minguito en est la forme affective), le Saint protecteur de la paroisse de Las Sierritas, qui aurait permis à de nombreuses familles du pays de bénéficier de miracles.
Durant ces 10 jours, la ville est envahie de milliers de personnes qui viennent participer à la procession de Minguito, incarné par une petite statuette à l’effigie de Santo Domingo. La relique est exposée toute l’année dans l’église paroissiale de Las Sierritas, dans au sud de Managua.

La population lors du festival


Cette fête, signe d’une grande dévotion religieuse, est également une bonne occasion pour les participants de parcourir les rues de la ville et de faire la fête. Elle se déroule du 1er au 10 août, car selon le calendrier catholique la St Dominique tombe le 8 août. La fête attire des milliers de participants, venant principalement solliciter des miracles, faire des promesses ou rendre grâce au Saint.
Durant les 2 jours les plus importants de la période de fête, à savoir le premier et le dernier jour, un rituel est organisé. L’étape du premier jour consiste à « descendre le Saint », c’est-à-dire le transporter de l’église de Las Sierretas, où il est exposé toute l’année, à l’église située dans le Vieux Centre-Ville, où elle restera jusqu’au dixième jour, avant de refaire le chemin inverse. Les termes de « monter » et « descendre » sont dû à la situation géographique de l’église paroissiale.

La relique et les fidèles


Outre ces deux moments phares de la célébration, se déroule une multitude de festivités : carnaval, défilés de chevaux, évènements sportifs, parades de voitures, musiques, corridas, danses, etc…, qui rajoutent de l’ambiance à la fête.
Les participants les plus importants de la fête se remarquent à leurs corps totalement peints ou à leur costume traditionnel. Ces fidèles s’habillent ainsi pour remercier le saint qui a intercédé pour accomplir un miracle longtemps souhaité. Ils peuvent choisir plusieurs costumes pour défiler : soit le costume traditionnel coloré, soit revêtir un costume d’indiens, soit se peindre le corps jusqu’à ce qu’ils soient noirs (appelés « negritos »), ou bien rouge pour ressembler au diable (appelés « diablitos »).

Enfants qui participent au festival, le 10ème jour


Trouvée en 1885 dans un trou laissé par un arbre brûlé à Las Sierritas par Vincente Aburto, un fermier des environs, la statuette semblait à première vue banale. Vincente s’en empara et décida de la porter au prêtre du village afin de savoir quel Saint elle représentait, et il s’est avéré qu’elle reprenait l’image de Santo Domingo de Guzman. Le mystère étant élucidé, Vincente décida de la laisser dans l’église. Mais à son retour à Las Sierritas, Vincente se rendit compte que la statue était réapparue au même endroit où il l’avait trouvée. Ainsi, le prêtre lui conseilla de construire une église où elle est désormais abritée, et ceci donna lieu à la création d’une fête traditionnelle pastorale de grande envergure. Une tradition que les générations actuelles perpétuent.

Un "negrito" et un "diablito"