Ile Coco : patrimoine du Costa Rica et sanctuaire sous-marin
L’Isla del Coco (Ile Coco ou Cocos Island) se situe dans l’ ;Océan Pacifique, à 532 km de la côte du Costa Rica. Cette île de grande beauté et d’une impressionnante diversité biologique, peut être considérée comme un laboratoire pour mener des recherches sur l’évolution des espèces, la dynamique des écosystèmes de la planète et leur relation avec l’évolution de l’environnement marin et terrestre.

La végétation
Les étendues de cocotiers dont les noix étaient recherchées par la flibuste ont reculé, puis ont été remplacées peu à peu par la forêt tropicale d’une humidité exceptionnelle (7 000 mm de précipitations/an) qui a pratiquement recouvert tout le territoire ; le relief est mouvementé, mais globalement de basse altitude, ce qui donne à la forêt son unité végétale d’une extraordinaire exubérance. 70 arbres et plantes réputés endémiques ont été répertoriés à ce jour. Des pistes et sentiers, tracés autrefois par les chasseurs de la flibuste, puis par les habitants du XIX° s., font le tour de l’Île et permettent de belles randonnées intérieures.
L’eau
L’Île est un château d’eau douce ; des rivières dégringolent des 3 ou 4 « sommets », dont le Mont Iglesias ; les sentiers sont coupés de mini-rivières, cascades, petits plans d’eau. Certains de ces cours d’eau tombent en cascade directement sur les plages du haut de la falaise.
La faune
La Faune est aussi exceptionnelle que le biosystème. Plus de 200 espèces (surtout d’insectes) dont plusieurs endémiques (lézard rouge) ; l’ornithologie en compte plus de 100 dont 3 endémiques (le coucou des cocotiers, le gobe-mouche, le pinson, cousin éloigné de celui des Galapagos).
La vie sous-marine
La vie sous-marine, dont la qualité est célèbre dans le monde des plongeurs expérimentés : 30 variétés de coraux, 300 espèces de poissons ; nombreux grands formats : requins-marteau, requins blancs, raies manta, tortues de mer...
Histoire et légendes
1526 le navigateur espagnol Juan Cabezas aborde le 1er et trouve l’île déserte, mais avec de l’eau en abondance et des fruits, dont la noix de coco (qui a donné son nom à l’île). La nouvelle se répand dans le monde des corsaires et des flibustiers qui en font une escale de ravitaillement en eau et en noix de coco réputées merveilleuses pour combattre le scorbut. 1544 : premières mentions sur une cartographie française.
Début XVII° siècle : les grands pirates tels William Thompson et William Davies viennent y relâcher pour mettre à l’abri leur butin. Pendant 2 siècles dura ce manège qui est à l’origine de légendes plus fabuleuses les unes que les autres sur l’île où personne n’habitait. La plus célèbre et la plus tenace serait une statue de la Vierge à l’Enfant grandeur nature en or massif. XIX° siècle : avec la disparition de la piraterie, les chercheur de trésor affluèrent, causant des dégâts dans l’écosystème et abandonnant une faune domestique qui se reproduisit parfois dangereusement. Le Costa Rica mit bon ordre dans tout cela. Les quelques colons qui s’étaient établis fin XIX° s. abandonnèrent l’île peu après.
1997 : Inscription de l’Île Cocos au Patrimoine Mondial de l’Unesco.
Aujourd’hui l’Isla del Cocos n’a révélé aucun trésor, sinon celui qu’elle constitue en elle-même. Les visiteurs actuels en sont convaincus et se plient à une réglementation qui assure la survie de ce mini-paradis perdu dans le Pacifique : pas de séjour ni de camping sur l’île ; les touristes couchent à bord de leurs bateaux et les lignes régulières sont équipées dans ce sens. Il s’agit pour la plupart de touristes avertis appréciant les richesses du biosystème ou encore de plongeurs expérimentés car les coraux et les fonds marins de plongée sont aussi exceptionnels que les beautés de surface.
Site protégé par l’UNESCO
Considérant les exceptionnelles caractéristiques naturelles de ce territoire insulaire, le Gouvernement du Costa Rica créa en 1978 le Parc National de l’Ile de Coco, qui fut postérieurement déclaré Centre de l’Aire de Conservation Marine. Pour les mêmes raisons, en 1997, l’UNESCO l’a déclarée comme un site appartenant au Patrimoine Naturel de l’Humanité. De même, en 1998, il fut déclaré Sol Humide d’Importance Internationale par la Convention Internationale de Ramsar.
En 1995, dans le cadre des recherches sur un « Système d’aires maritimes protégées représentatives au niveau mondial », réalisées par l’Autorité du Parc Maritime d’Arrecife, la Grande Barrière de Corail (Australie), la Banque Mondiale et l’Union Mondiale pour la Nature (UICN), il a été décidé, dans la Région Maritime du Sud Est Pacifique, de donner la priorité à l’Ile de Coco pour l’obtention d’un soutien en vue de sa conservation.
Le 11 octobre 2002, le Gouvernement du Costa Rica a déclaré l’Ile de Coco Patrimoine Historique du Costa Rica. Cette déclaration tient pour beaucoup à la qualité historique et culturelle du site, forgée à partir du XVIII siècle grâce au tourisme et à l’établissement de populations provenant du Costa Rica et de diverses contrées du monde.
Les inscriptions sur les rochers des baies Chatham et Wafer, ainsi que les autres vestiges culturels pouvant se trouver sur l’Ile, témoignent de l’histoire de ce site.