Le Costa Rica est plus célèbre pour sa beauté naturelle et la gentillesse de ses habitants que pour sa culture. L'écrasante influence européenne a effacé quasiment toute trace de la culture indigène. Essentiellement peuplé de petits fermiers jusqu'au milieu du XIXe siècle, le pays n'a commencé à s'ouvrir aux activités artistiques que vers le début du XXe siècle. Toutefois, la création du Ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Sports en 1987, du Musée d'Art Costaricien et du récent Musée d'Art Contemporain, marque une nouvelle forme officielle de reconnaissance, de valorisation et de diffusion de l’art, par l’organisation de festivals et d’autres activités culturelles.
De manière générale, l'art costaricien ne cesse de briser des vieux moules pour acquérir une identité propre. Ceci se reflète dans la qualité des exposants du Musée d'Art Contemporain, du Musée d'Art Costaricien et de multiples salles d'exposition du pays, ainsi que dans le succès qu'ont connu les derniers Festivals Internationaux d'Art, au Costa Rica.
La musique traditionnelle est basée sur des rythmes à l’orgine quelque peu cubains, le punto, et un instrument : le marimba. Cet instrument, un xylophone, est à la base des musiques indigènes du Costa Rica.
Il est curieux de constater que dans les orchestres survit un instrument précolombien (un arc sur une caisse) qui accompagne souvent la guitare espagnole.
Pour la danse, la tradition repose sur une danse de groupe faite en cercle, qui s’appuie sur le paso espagnol.
Le théâtre est très apprécié au Costa Rica et San José est le centre d’une activité théatrale très florissante.
Cela vient certaienemnt du fait que les cours de théâtre firent partie du parogramme scolaire dès le XXe siècle.
De grands essayistes et des dramaturges costariciens ont obtenu d'importants prix et ont présenté leurs oeuvres théâtrales en Espagne, au Mexique et en Argentine ; parmi eux, Daniel Gallegos, Ana Istarú et Claudia Barrionuevo, pour n’en citer que quelques-uns.
En 1890 a été publiée la première Anthologie de poésie du Costa Rica. Depuis lors, les poètes sont allés du modernisme à l'expérimentation avant-gardiste, en passant par l’utopie, le désenchantement, la poésie intimiste et les paysages familiers. Beaucoup d’entre eux ont réalisé des récitals à l’étranger et certains ont obtenu des prix de renom en Espagne et ailleurs. Grâce à la publication du livre Poésie Costaricienne du XXe aiècle, édité par Carlos Cortés, et publié par Patiño/ Union Latine en 1997, nous pouvons lire en français les poèmes de grands auteurs comme Jorge Debravo, Eunice Odio, Jorge Charpantier, Ana Antillón, Alfonso Chase et beaucoup d’autres.
Ces dernières années, la tâche poétique de nombreux jeunes poètes a été notoire, des auteurs comme Luis Chaves, Mauricio Molina, Alejandra Castro, Guillermo Fernández et Osvaldo Sauma, pour n’en citer que quelques uns, avec des nouveaux points de vue, expérimentaux et d’avant-garde, ont reçu de multiples distinctions.
Parmi les auteurs les plus remarquables figure Carmen Naranjo (née en 1930). Romancière, poète et auteur de nouvelles, elle fut également ambassadrice en Inde dans les années 1970, puis ministre de la Culture. En 1996, elle a recu la prestigieuse médaille Gabriela Mistral du gouvernement chilien.
Tatiana Lobo, née en 1939 au Chili, vit au Costa Rica depuis 1967 et la plupart de ses œuvres se déroulent dans ce pays. Elle a recu le remarquable Premio Sor Juana Inés de la Cruz, destin aux romancieres latino-américaines, pour son roman Asalto al Pariso, une histoire vivante et passionnante des premiers jours de Cartago.
José Léon Sanchez, né en 1930, est un mémorialiste de renommée internationale. Indien huetar de la frontière entre le Costa Rica et le Nicaragua, il fut accusé d’avoir cambriolé la célebre Basilica de Nuestra Señora de Los Angeles, à Cartago et condamné à purger sa peine à l’Isla San Lucas, l’une de sprisons les plus célebres d’Amériquie latine. Illletré lors de son incarcération, Sanchez apprit à lire et à écrire par lui-même et rédigea clandestinement l’une des œuvres les plus poignantes du continent : La Isla de los hombres solos. Il purgea finalement 20 ans au lieu des 45 ans prévus, écrivit 14 autres romans et participa à différents évenements d’envergure.
Issue de l’histoire et du savoir-faire, sujette aux destructions et aux tremblements de terre, l’architecture costaricienne repose sur deux fondements: l’un lié à l’histoire du pays, à la tradition et à l’importation de modèles internationaux et l’autre, qui implique le droit à la différence et à la diversité.
A l’époque coloniale, après avoir construit quelques édifices religieux et d’autres bâtiments de moindre importance, les espagnols introduirent la maison en adobe, faite de terre comprimée, mélangée à des fibres naturelles pour acquérir davantage de résistance. Au XIXe siècle, la prospérité du café et la contribution des costariciens, permit la construction du Théâtre National : joyau architectural de style Néo-Renaissance.
A la fin du XIXe siècle, le style Victorien est introduit dans le pays, dans la construction d’habitations de la bourgeoisie caféière et de quelques écoles et édifices publics, que l’on peut apercevoir dans le Barrio Amón à San José. L’adaptation du style Victorien aux conditions climatiques de la côte Caraïbe, fut à l’origine du style caribéen caractérisé par des habitations en bois construites sur pilotis, avec des toits à forte pente.
L’Ecole d’Architecture de l’Université du Costa Rica fut crée en 1971, après qu’un groupe d’architectes se soit formé au professorat, à l’étranger. Parmi eux, Rafael Ángel (Felo) García, Edgar Brenes, Santiago Crespo, Carlos Vinocour et Jorge Bertheau. Ce dernier conçu avec deux autres architectes, la Place de la Culture qui abrite le Musée de l’Or, au sous-sol.
L’art précolombien fut caractérisé par la création d’œuvres de grande beauté : des récipients colorés en céramique, ornés de figures géométriques ou d’animaux ; des bancs, des tables et autres éléments à usage quotidien ou cérémonial taillés dans de la pierre, des pendentifs, des boucles d’oreille, des colliers, des bracelets et autres objets en jade, en or martelé ou laminé. La majeure partie de ces objets représentait des animaux : grenouilles, crapauds, aigles, jaguars, iguanes, crocodiles et lézards. Ces pièces peuvent être admirées dans le Musée du Jade, le Musée de l’Or et le Musée National.
Le métissage des cultures précolombienne et hispanique est d'abord passé par la reproduction de l'art religieux espagnol. Les copies n'ont cependant jamais été fidèles ni précises; de même en ce qui concerne les matières premières utilisées pour tailler les images. Dans ces subtils arrangements, on pouvait déjà apercevoir des différences qui seraient porteuses du germe de ce que l'art costaricien allait devenir.
À partir de 1970, l'intérêt porté à l'art religieux a été supplanté par l'intérêt pour l’art patriotique. Des monuments ont été érigés, certains d’entre eux conçus par des artistes français de renom. L’intérieur du Théâtre National, construit en 1897, est décoré avec des belles peintures d'artistes italiens.
Enfin, le peintre, sculpteur et auteur, Max Jiménez (1900-1947) a été un des pionniers de l’art plastique costaricien. Son aisance économique lui a permis de se vouer entièrement à l’art, de voyager dans des villes comme Paris et New York, de rencontrer des artistes du moment comme Picasso, Diego de Rivera et David Alfaro Siqueiros. Il a fondé au Costa Rica le Cercle des Amis de l’Art, a présenté à ses contemporains l’art d’avant-garde et la peinture murale dans le pays.
L'artisanat demeure bien vivace et vous en verrez de beaux exemples au Mercado Central de San José. Le cuir et le bois sont les matières favorites. Vous trouverez également de jolis bijoux de style précolombien. Le village de Guaitil (péninsule de Nicoya) est celèbre pour ses poteries. Ceux de San Vincente de Moravia et de Sarchí, dans le centre, produisent un vaste choix d'objets artisanaux, à prix interessants.
Le sculpteur Francisco Zúñiga (1912, Costa Rica – 1998, Mexique), a fait ses débuts dans la sculpture au sein de l'atelier de son père, le sculpteur d'images Manuel María Zúñiga, et s’est ensuite rendu au Mexique où il a réalisé une grande partie de son oeuvre. Zúñiga comme Juan Manuel Sánchez ont ravivé des traditions indigènes. Tous les deux ont utilisé des matériaux locaux comme le bois et la pierre. Aujourd’hui, les sculpteurs costariciens exposent une grande diversité de styles, de matériaux et de thématiques.
Le cinéma est un secteur très prometteur au Costa Rica. Le Centre Costaricien de Production Cinématographique (CCPC), fondé en 1973 par le Ministère de la Culture, constitue le moteur de l’activité audiovisuelle du pays. Il a produit de nombreux documentaires et sa contribution à la méga-production internationale El Dorado a été très importante. Parmi les reconnaissances internationales les plus récentes faites au cinéma costaricien, figure le prix obtenu par Esteban Ramírez lors du XIXe Festival du Cinéma Latino-américain de Trieste, en Italie, avec le film Caribe.
Au-delà d’un simple moment de divertissement, les fêtes populaires et culturelles apportent aux costariciens un sentiment d’unité, de patriotisme partagé, sans distinction de classe sociale, de religion, de sexe ou d’appartenance ethnique. On peut y observer le métissage culturel costaricien de multiples façons.
Des orchestres et “cimarronas” (ensembles musicaux composés de tambours, trompettes, cymbales, accordéons, trombones et tuba) égayent l’atmosphère. Parmi les fêtes populaires qui outrepassent le cercle communautaire, on trouve d'une part le carnaval de Limón avec ses comparses qui défilent au rythme du calypso et du reggae. Cet évènement a lieu la deuxième semaine d’octobre. Et de l’autre, la fête religieuse la plus importante de l'année : le pèlerinage du 2 août. Cette fête votive rend hommage à la Vierge des Anges, appelée affectueusement « la Petite Noire ». L’icône noire de la Vierge fut découverte par un indigène sur une pierre, en 1635.
Le pèlerinage traditionnel mobilise un million et demi de fidèles, jusqu'aux pieds de la Vierge des Anges. En arrivant à la Basilique, on peut voir des cérémonies liées à la ferveur religieuse catholique : certaines personnes remontent la nef de la Basilique à genoux pour accomplir une promesse ou exprimer leurs remerciements en échange d’une faveur reçue, d'autres prennent part aux processions, aux messes, ou portent dans la main une offrande.